Le lobbying expliqué

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Sommaire :
Les processus législatifs en France
Qu’est-ce que le lobbying ?
–Présentation du lobbying
–Pour quels résultats ?
–Le travail du lobbyiste

–Le point de vue des dirigeants de Boury Tallon & Associés
–Questions fréquentes

Anti-lobbying

Les processus législatifs en France

Le lobbyiste informe ceux qui décident. C’est la connaissance et la compréhension des processus de décision politique qui permettent aux lobbyistes d’informer les décideurs au moment utile. Il est donc essentiel pour comprendre le lobbying de connaître les processus législatifs. Vous pouvez découvrir ici une introduction aux processus législatifs français et européens.

Le processus législatif français

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Les institutions françaises

L’Assemblée nationale

Il y a 577 députés. Le président actuel de l’Assemblée nationale est M Claude Bartolone.

Voici la composition actuelle de l’Assemblée :

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source : www.assemble-nationale.fr

Il y a 8 commissions permanentes :

  • La commission des Affaires culturelles et de l’éducation
  • La commission des Affaires économiques
  • La commission des Affaires étrangères
  • La commission des Affaires sociales
  • La commission de la Défense nationale et des Forces armées
  • La commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
  • La commission des Finances, de l’Economie générale et du Contrôle budgétaire
  • La commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, et de l’Administration générale de la République

Le Sénat

Il y a 343 sénateurs. Le président du Sénat est M. Gérard Larcher.

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source : www.senat.fr

Il y a 6 commissions permanentes :

  • La commission des Affaires étrangères, de la Défense, et des Forces armées
  • La commission des des Affaires sociales
  • La commission de la Culture, de l’Education et de la Communication
  • La commission de l’Economie, du Développement durable, et de l’Aménagement du territoire
  • La commission des Finances
  • La commission des Lois constitutionnelles, de Législation, du Suffrage universel, du Règlement et d’Administration générale

Quelques organes essentiels du travail parlementaire

Le bureau

Le bureau est une autorité collective, élu par l’Assemblée et chargé de la direction des travaux parlementaires et de l’organisation matérielle. A l’Assemblée Nationale il est composé d’un Président, de six vice-présidents, trois questeurs et douze secrétaires. Au Sénat il est composé d’un Président, de quatre vice-présidents, huit secrétaires et trois questeurs. La composition du bureau s’efforce de reproduire la configuration politique de l’Assemblée.

Les groupes parlementaires

Les groupes politiques sont formés par la réunion de parlementaires professant les mêmes opinions politiques. Ils constituent la représentation des partis sur le plan parlementaire. Un groupe doit être constitué d’au moins 20 membres (30 avant la modification du règlement de 1959 en 1988), apparentés non compris.

Les commissions

Les commissions sont des organes essentiels du travail parlementaire car les assemblées ne délibèrent que sur les questions qui ont déjà été étudiées en commission. Les commissions ont un rôle technique.

On distingue trois catégories de commissions :

  • Les commissions permanentes auxquelles sont envoyés tous les projets et propositions de loi. Il y en a huit à l’Assemblée Nationale, et six au Sénat. Chacune d’entre elles compte 60 à 120 membres et sont divisées en groupes d’études, sans pouvoir de décision. Elles ont un bureau élu permanent
  • Les commissions législatives spéciales sont créées soit lorsque deux commissions permanentes sont en concurrence pour l’examen d’un texte, soit à la demande du Gouvernement ou de l’assemblée, pour l’étude d’un projet ou d’une proposition.
  • Les commissions d’enquête sont créées par l’Assemblée Nationale ou le Sénat en vue de recueillir des éléments d’information soit sur des faits déterminés, soit sur la gestion des services publics ou des entreprises nationales. Elles n’interviennent pas dans le processus législatif.

Le processus législatif européen

Les procédures législatives européennes

    1. Procédure de consultation

    « La Commission propose, Le Conseil dispose »

    2. Procédure de coopération

    Renforcement du rôle du parlement

    3. Procédure de codécision

    La procédure la plus utilisée : égalité entre le Conseil et le parlement

    4. Procédure de l’avis conforme

    L’acte doit être approuvé par le parlement.

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    Qu’est-ce que le lobbying ?

    Présentation du lobbying

    Définition du lobbying

    La définition du lobbying donnée par l’Encyclopédie Universalis est la suivante : « Le lobbying peut être défini comme l’attitude et l’action des groupes de pression (lobbies) qui cherchent à protéger leurs intérêts face aux décisions des pouvoirs publics. » Cette définition est assez générale. Il est cependant possible d’en trouver beaucoup d’autres qui varient légèrement selon les auteurs et les praticiens.

    On peut qualifier de lobbying la mise en avant de ses intérêts propres auprès des décideurs politiques par toute personne/entreprise/association. Néanmoins c’est de plus en plus exclusivement une activité de professionnels, exercée par des lobbyistes intégrés aux entreprises ou par des cabinets qui vendent leurs prestations et leur réseau. En France il existe des cabinets de lobbying professionnels depuis le début des années 1980.

    Origine du mot lobbying

    L’origine du lobbying serait la suivante : « L’origine, le mot anglais lobby désigne une salle des pas perdus. L’anecdote voudrait que le général Grant, logé dans un hôtel de Washington, se soit ému de se voir attendu, chaque matin, dans le hall, par des représentants de groupes d’intérêt. Faire du lobbying, c’est donc littéralement « faire antichambre » ».

    Le métier du lobbyiste

    Le lobbyiste est à la fois un juriste et un communiquant. Son rôle est essentiellement de faire passer des informations. Il est en charge de dossiers qu’il doit faire avancer régulièrement en fournissant aux décideurs les informations pertinentes par rapport aux commandes de ses clients. Mais il est impossible d’effectuer ce travail sans une compréhension du système législatif et une connaissance de l’agenda décisionnel. Le lobbyiste doit fournir les informations aux bonnes personnes et au bon moment et comprendre les enjeux des décisions sur lesquelles il travaille.

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    Le développement du lobbying

    Le lobbying s’est développé progressivement, essentiellement aux Etats-Unis. En 1791 le premier amendement à la Constitution des États-Unis d’Amérique a reconnu aux citoyens le droit de défendre leurs intérêts auprès du gouvernement. Progressivement sont donc apparus des groupes d’industriels, des mouvements associatifs, des syndicats cherchant à faire reconnaître leurs intérêts par les décideurs politiques. La seconde moitié du 20ème siècle a été marquée par l’essor des mouvements écologistes et raciaux.

    Le lobbying a connu un développement plus lent et plus timide en France. En effet en 1791 les lois d’Allarde et Le Chapelier interdisent les corporations de citoyens qui rappellent trop l’Ancien Régime. Ce n’est qu’en 1901 que les associations sont reconnues et que le lobbying peut commencer à se développer.

    Le lobbying se développe de plus en plus à une échelle internationale. Il concerne les instances internationales comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et par exemple les instances européennes ( Bruxelles est un haut lieu du lobbying).

    Débats autour du lobbying

    Intérêt général et intérêt particulier

    Selon certains le lobbying est une pratique qui permet de faire primer des intérêts particuliers sur l’intérêt général. Le lobbyiste exercerait une influence sur l’élu et obtiendrait pour lui même ou pour ses clients des avantages non justifiés. Le lobbying est alors parfois confondu avec le trafic d’influence ou la corruption. Pour les lobbyistes professionnels leur travail est un travail d’information. Les décideurs ne peuvent pas tout connaître sur tous les sujets et les lobbyistes contribuent à une prise de décision éclairée. Ils fournissent des données et des renseignements sur un aspect d’une question afin que leur employeur ne soit pas lésé inutilement. L’objectif n’est pas de faire pression mais de révéler des conséquences d’une décision qui ne sont pas toujours visibles au premier abord.

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    Enregistrement des lobbyistes

    Les premières mesures de réglementation de l’exercice du lobbying en France sont très récentes, puisque ce n’est que depuis 2009 que les groupes d’intérêts peuvent s’enregistrer au Sénat et à l’Assemblée Nationale, tout en étant soumis au respect d’un Code de conduite. Des mesures similaires existaient déjà au niveau européen ou aux Etats-Unis.

    Ceux qui s’opposent à cette réglementation le font pour deux motifs très différents. Il y a d’une part ceux qui ne veulent pas que cette pratique soit réglementée car ils pratiquent un lobbying aux frontières de la légalité. D’autre part pour certains auteurs ou journalistes la pratique du lobbying est condamnable en soi et l’encadrer reviendrait à lui donner une légitimité qu’elle ne mérite pas.

    Ethique

    Il existe une éthique du lobbyiste tout comme il existe un éthique du journaliste ou de l’avocat. L’Association française des conseils en lobbying a adopté dès 1991 une charte de déontologie afin de définir des conditions d’exercice de la profession. Ce type d’efforts montre que certains lobbyistes sont conscients des risques liés à leur profession. L’éthique reste avant tout une question de conscience personnelle mais une certaine réglementation du lobbying serait sans doute favorable à une meilleure conduite des lobbyistes.

    Pour quels résultats ?

    Le lobbying peut sembler une activité bien éphémère si on la résume à l’envoi de lettres et l’organisation de rencontres. Voici quelques exemples des résultats que le lobbying peut obtenir.

    Quelques exemples de réussites du lobbying

    Protéger ses intérêts

    Un mensuel diffusé sur abonnement fait face à des frais postaux très importants. A la demande d’une partie de ses annonceurs publicitaires, il veut réaliser des envois personnalisés. Tous les exemplaires du magazine n’auront pas le même publicité. Cependant dans ces conditions le mensuel ne peut plus bénéficier du « tarif presse » pour les expéditions. Les pouvoirs publics s’appuient sur une loi de 1937 pour refuser une dérogation qui bénéficierait à une seule entreprise.

    Le mensuel fait alors appel à son syndicat professionnel, la dérogation est désormais présentée comme une demande de la corporation et elle est acceptée. Pourtant dans les faits elle ne bénéficie qu’à un seul mensuel.

    Exemple de lobbying en faveur de la santé publique

    Un exemple de lobbying réussi est le travail que l’association UFC Que choisir a effectué auprès des parlementaires. L’association UFC Que Choisir voulait que des mesures concrètes soient prises pour lutter contre l’obésité chez les jeunes. L’association UFC Que Choisir a fournit des documents aux parlementaires pour les sensibiliser aux risque sanitaire que représente l’obésité chez les collégiens et les lycéens. Un des éléments entrant en jeu dans l’obésité est un apport calorique trop important par rapport aux besoins énergétiques. Les parlementaires ont défendu l’article 30 de la loi de santé publique 2004-806 qui stipule « Les distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants et accessibles aux élèves sont interdits dans les établissements scolaires à compter du 1er septembre 2005. » Cet article n’était pas présent dans le projet de loi mais a finalement été adopté, il est issu du travail parlementaire et permet de comprendre le rôle que peut jouer le lobbying dans le processus législatif.

    Obtenir des compensations

    Les firmes spécialisées dans la dépollution sont inquiètes des avancées allemandes en la matière. Concernant l’incinération, les entreprises allemandes bénéficient d’avancées techniques qui risquent d’influencer les normes au niveau européen. De nouvelles normes nécessiteraient une mise à niveau des autres opérateurs et permettrait aux entreprises allemandes de dominer le marché. Mais les entreprises françaises ont une avance pour ce concerne le nettoyage des piscines. Les français proposent donc de nouvelles normes dans ce domaines et s’ouvrent de nouveaux marchés.

    Le Projet de directive REACH

    La Commission qui avait évalué à 30 000, le nombre de produits chimiques insuffisamment testés sur le marché européen, a décidé de proposer, le 29 octobre 2002, une proposition de règlement dit REACH concernant l’enregistrement et l’évaluation des produits chimiques. Il s’agissait de renouer l’opinion publique avec l’industrie chimique ; la proposition faisait écho à un rapport plus nuancé du Parlement européen et à un Livre blanc de 2001.

    La proposition proposait un échelonnement dans le temps des tests à réaliser. L’industrie chimique s’était alors montrée très préoccupée par les coûts et les délais qui lui seraient nécessaires. Selon l’industrie, la 1ère proposition de la Commission aurait engendré 100 millions de rapports.

    La Commission a alors décidé de lancer une consultation sur Internet durant neuf semaines, dès septembre. Elle a reçu en retour près de 6 200 commentaires. 42 % des réponses provenaient de l’industrie, 25 % d’individuels, 26 % d’associations de lutte contre les tests sur animaux, 3 % d’ONG (qui ont fait appel à des pétitions) et 1 % des autorités publiques.

    La France a réagi tardivement ainsi que l’Allemagne : au mois d’août alors que la consultation était en ligne depuis septembre. Finalement, à l’initiative du Chancelier SCHRODER, un courrier à sa signature et à celle de Jacques CHIRAC a été adressé à la Commission européenne. Il soulignait que la proposition REACH risquait de freiner la compétitivité européenne.

    Une réunion eu lieu le 8 juillet 2003 à Paris entre l’industrie chimique et la Commission européenne. Les ONG considéraient également que la proposition REACH n’avait rien d’écologiste puisque autant de papiers devaient être produits. Des grandes entreprises et des individuels ont également rencontré la Commission européenne. La proposition REACH prévoyait de publier sur Internet les tests réalisés, ce qui mettait en cause la protection des données de substances dangereuses.

    L’Union des industries chimiques (UIC), en France, a fait appel à un cabinet américain, Mercer, qui a réalisé une étude (pour 300.000 euros) afin d’évaluer le coût de la proposition REACH. Toutes les industries chimiques ont participé au coût de l’étude et les pouvoirs publics s’y sont même associés. L’UIC a alors fait de nombreuses conférences de presse (en mars et avril 2003) et a répondu à la consultation de la Commission en anglais sur le site de la Commission. Elle a, par ailleurs, réalisé une plaquette avec cinq propositions phare dont la création d’une agence centrale européenne des produits chimiques, le but étant d’améliorer la protection de la santé humaine et de l’environnement tout en maintenant la compétitivité et l’innovation dans ce secteur.

    La Commission a été ainsi amenée à « revoir sa copie ». Issu d’une journée organisée, le 4 février 2004, par la CCIP et la Délégation des Chambres de Commerce et d’Industrie d’Ile-de-France à Bruxelles sur « Le lobbying vu des institutions européennes ». Le projet de directive REACH fait encore l’objet de 1 250 amendements au Parlement européen.

    Extrait de « Le lobbying des entreprises françaises à Bruxelles : quels progrès depuis 2002 ? » Rapport présenté par M. Jean-Claude KARPELES au nom de la Commission Économique, Financière et Fiscale

    Le travail du lobbyiste

    Le lobbying est avant tout une pratique concrète. Pour mieux faire comprendre cette activité nous vous proposons quelques exemples de la manière dont les lobbyistes travaillent.

    Pour être écouté et compris par les institutions politiques il faut respecter des règles simples afin que votre message soit bien reçu. Un cabinet de lobbying aide à formuler un message, à trouver les bons interlocuteurs et à assurer la transmission des informations.

    Pour réussir son lobbying : savoir communiquer

    La communication écrite

    Les décideurs reçoivent beaucoup de dossiers, de paperasse, ils ont donc peu de temps pour la lecture.

    Un bon texte doit présenter les caractéristiques suivantes :

    • personnalisé
    • aller droit à l’essentiel
    • clair, concis et dynamique
    • soigné sur le fond comme sur la forme

    L’argumentaire est résumé dans un « position paper », également appelé « argumentaire ».

    • sa longueur va de 2 à 6 pages, surtout pas plus
    • plus il est long, plus il doit être clair et facile à lire

    La communication orale

    La communication orale lors des rencontres doit être soignée. Les règles d’un bon texte s’appliquent aussi en partie à une bonne présentation

    • clair, concis et dynamique
    • aller à l’essentiel

    A cela il faut ajouter quelques autres recommandations :

    • parler avec une voix claire
    • ne pas lire ses notes
    • respecter le temps de parole
    • répondre précisément aux questions

    La formulation du message est essentielle. C’est de sa clarté que dépend l’écoute que vous recevrez.

    Pour réussir son lobbying : savoir à qui s’adresser

    Choisir les bons contacts

    Toutes les décisions ne sont pas prises aux même échelles. Les décisions peuvent être locales, régionales, nationales, européennes voire mondiales. Il est difficile de décider à qui adresser son message. Les professionnels du lobbying connaissent les processus de décision, les personnes qui y participent et savent à qui s’adresser.

    Un bon contact est :

    • concerné par le dossier
    • sensible à une argumentation raisonnée
    • influent

    Intervenir au bon endroit, au bon moment

    Le message doit être transmis au moment adéquat, par exemple il est inutile de chercher à faire valoir ses intérêts après qu’une loi ait été votée. Les cabinets de lobbying connaissent l’agenda législatif et les échéances politiques, ils sont capables de décider à quel moment un message a une chance d’être reçu. Intervenir trop tôt ou trop tard c’est condamner son message à être ignoré. Un cabinet de lobbying peut également aider à faire d’un message une question d’actualité afin que les décideurs se penchent dessus.

    Il faut intervenir :

    • en amont de la décision
    • en insérant le message dans un agenda décisionnel
    • lorsque le climat est propice (opinion publique…)

    Lorsque l’on évoque « la veille » il s’agit d’être au courant des décisions à venir pour envoyer son message au bon moment. Ce sont bien sûr les informations publiques mais également les informations « grises », les informations qui ne sont pas secrètes mais détenues seulement par quelques initiés. Cela implique de connaître les déclarations de politique générale, les calendriers…

    La veille comprend généralement:

    • l’analyse des documents publics
    • l’observation des milieux politiques et administratifs
    • l’observation plus large des milieux associatifs etc.

    Pour résumer un lobbying efficace implique :

    • comprendre la logique des questions traitées et celle de ses adversaires
    • exposer clairement son point de vue
    • fournir des arguments techniques
    • apporter une contribution utile au débat
    • fournir des documents écrits
    • raisonner à long terme et pas en terme de « coups »
    • créer la confiance
    • intervenir en amont et aux moments-clés
    • suivre le dossier d’un bout à l’autre
    • se manifester auprès de tous les partenaires

    La plupart des professionnels du lobbying peuvent apporter les éléments suivants :

    • une veille efficace
    • des contacts, un réseau
    • la méthode, un plan d’action
    • des spécialistes
    • une mobilisation rapide

    Le point de vue des dirigeants de Boury Tallon & Associés

    Interview de Pascal Tallon

    Pourquoi avoir créé ce site internet sur le lobbying ?

    Nous avons voulu créer ce site car malgré la quantité importante d’informations disponibles sur internet à propos du lobbying, aucun site n’adoptait la démarche que nous proposons. On trouve des sites de professionnels, des sites en faveur du lobbying, quelques articles ou tribunes en dénonçant les excès mais aucun site objectif permettant à chacun de faire son opinion. Notre site n’est ni pour ni contre le lobbying, il cherche à informer et à favoriser le débat.

    Pourquoi pensez-vous qu’il est nécessaire d’informer sur le lobbying ?

    Le lobbying n’est pas une activité anodine, puisque cela touche aux décisions démocratiques. Une certaine transparence est donc nécessaire. C’est justement ce que permet ce site internet : tout citoyen peut savoir en quoi consiste le travail de lobbyiste ; il peut même disposer d’exemples pris dans l’actualité. Parfois, la presse rapporte des exemples de lobbying, mais c’est souvent sous l’angle de la dénonciation. Ce n’est pas ici notre point de vue. Nous estimons que chacun a le droit de défendre ses intérêts légitimes. S’agissant des entreprises, nous pensons même qu’étant de plus en plus interdépendantes avec leur environnement, le lobbying est pour elles une obligation. Le point important est que cela se fasse dans le respect des règles démocratiques, notamment l’indépendance et la sérénité des décisions publiques.

    Interview de Paul Boury

    Quel est l’importance du lobbying aujourd’hui en France ?

    D’un point de vue économique les activités de lobbying sont en plein essor. La plupart des grandes entreprises font désormais appel à des consultants ou des cabinets de conseil en lobbying alors que cela n’était pas le cas il y a dix ans. Même des entreprises qui mettaient les relations institutionnelles au second plan y prêtent désormais attention. Cela est dû au fait que de nouveaux domaines d’activités, comme l’agroalimentaire, la restauration, sont davantage concernés par les réglementations. D’autre part l’impact économique des décisions des pouvoirs publics (sur la fiscalité des assurances, la fiscalité des investissements…) est de plus en plus important. Les entreprises ont conscience qu’elles doivent consacrer des moyens pour anticiper ces décisions et faire valoir leurs messages. La manière dont le lobbying est perçu a également évolué. Autrefois considéré comme un peu sulfureux, il est devenu une pratique d’information dont l’utilité est reconnue par les parlementaires et les pouvoirs publics. Les parlementaires trouvent dans les explications des entreprises de meilleures connaissances pour préparer leurs décisions. Les pratiques de lobbying actuelles, encadrées par la charte déontologique de l’AFCL imposent la transparence et le professionnalisme. Le Gouvernement et le Parlement apprécient notre approche.

    Le lobbyiste peut-il accepter toutes les causes et défendre toutes les positions ?

    Je ne porte jamais aucun jugement d’ordre moral sauf sur les causes vraiment indéfendables sur le plan éthique et humain, les armes à feu par exemple. Le lobbying, ce n’est pas obtenir tout et n’importe quoi pour les entreprises. Mais c’est permettre aux professionnels de faire passer des messages et des informations sur leurs secteurs ; permettre aux politiques de tenir compte des intérêts économiques, qui restent de deuxième rang par rapport à l’intérêt général ; et permettre aux entreprises d’entendre et d’intégrer les impératifs des politiques, donc, au final, des citoyens. Nous sommes donc fiers d’aider des entreprises et des professions mal comprises à démontrer leur utilité, à mettre en valeur leurs forces sans nier leurs faiblesses. Nous aidons ce type d’entreprises à se sentir plus responsables et plus ouvertes sur l’extérieur.

    Questions fréquentes

    Voici quelques questions qui reviennent fréquemment au sujet du lobbying. Si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à nous les soumettre par email.

    Y a-t-il des différences entre le lobbying aux Etats-Unis et en Europe ?

    Cette question est très intéressante et assez complexe. Les approches culturelles du lobbying varient beaucoup. Alors que le lobbying est accepté et compris à Bruxelles et à Washington, il a mauvaise réputation à Paris. Pour en savoir plus sur cette question vous pouvez vous référer au livre bleu du lobbying et à la note de l’Ifri, disponibles dans la rubrique « documents officiels ».

    Le lobbying est-il légal ?

    Le lobbying est une activité légale. Aux Etats-Unis, le Congrès a voté en 1946 le Federal régulation of lobbying act qui oblige les lobbyistes à s’enregistrer. A Bruxelles, le règlement du Parlement européen traite de la question des groupes d’intérêts. En France, les groupes d’intérêts ont la possibilité de s’enregistrer à l’Assemblée nationale et au Sénat depuis 2009. Les lobbyistes enregistrés sont soumis à un code de conduite. (Documents disponibles dans la rubrique « documents officiels ».)

    Qui peut devenir lobbyiste ?

    Le lobbying n’est pas une activité que l’on exerce uniquement après une formation universitaire. Un bon lobbyiste est d’abord une personne avec de l’expérience, des réseaux et une connaissance approfondie du monde politique et de son fonctionnement. De nombreuses formations peuvent mener au métier de lobbyiste.

    Anti-lobbying

    Le lobbying n’est pas une activité anodine, il est donc normal qu’il soit à la fois surveillé et critiqué lorsqu’il le mérite. Voici les principaux tenants en France d’un contrôle et les principaux reproches faits au lobbying.

    L’Alliance pour une réglementation de transparence et d’éthique en matière de lobbying (www.alter-eu.org) pense que le lobbying doit être réglementé car il présente les risque suivants :

    « Plus de 15.000 lobbyistes professionnels arpentent actuellement les couloirs des institutions de l’UE, une large majorité représentant les intérêts des entreprises. En l’absence de règles de transparence et d’éthique en matière de lobbying, l’influence des lobbyistes du monde des affaires est restée largement inconnue du public. L’influence attribuée à ces lobbyistes dans le processus de décision de l’UE pose de sérieuses questions sur l’impartialité des décisions de l’UE et son caractère démocratique. Parmi ces préocupations :

    • Accès privilégié : les lobbyistes des entreprises se voient souvent attribuer un accès privilégié par les décideurs de l’UE.
    • Pantouflage : les contacts personnels et les connaissances internes sont essentielles dans le jeu du lobbying. Les rapides chassés-croisés entre les institutions de l’UE et le secteur du lobbying garantissent aux entreprises une influence puissante sur les processus de décision.
    • Pratiques douteuses et prétentions d’indépendance : les campagnes des groupes de pression des entreprises font le plus souvent en sorte de garder le silence sur leurs véritables motivations. Les lobbyistes montent des sociétés-écrans, prétendent provenir d’organisations à but non-lucratif ou encore financent de soi-disant « experts indépendants ».

    Source : http://www.alter-eu.org/fr/la-transparence-du-lobbying

    Pour en savoir plus vous pouvez également lire le livre Députés sous influence de Vincent Nouzille et Hélène Constancy qui stigmatisent ce qu’ils considèrent comme les excès du lobbying.

    Voici également une liste de sites présentant des critiques du lobbying :

    
    
    http://www.lobbyiste.org/wp-content/themes/platform